815 degrés Celsius. C’est la température à laquelle brûle une voiture. C’était la température des banlieues françaises les nuits du 27 juin au 5 juillet 2023, les nuits d’émeutes consécutives à la mort de Nahel Merzouk, tué par un policier à Nanterre. Le bitume des quartiers porte la mémoire de ces nuits. Comme lui, la colère s’est refroidie depuis. Elle a durci. Une nuit d’octobre 2023, Arthur Crestani a photographié les traces qu’il rencontrait entre Saint-Denis et Colombes. Pendant plusieurs mois, l’Île-de-France en a été couverte, puis du goudron a coulé par-dessus.
Arthur Crestani (né en 1991) est photographe, diplômé de Sciences Po en urbanisme et de l’école Louis-Lumière en photographie. Son travail scrute les enjeux sociaux, politiques et architecturaux des villes contemporaines, et de la métropole parisienne en particulier.
Il s’intéresse à des sujets rejetés dans le hors-champ des imaginaires et des représentations : les quartiers populaires et leurs habitant.e.s, l’architecture et les paysages de l’autoroute A86, les employé.e.s et les client.e.s des hôtels de grande couronne parisienne.
Il enseigne la photographie à l’Université Paris 8, à l’ENSA Paris-Belleville, à l’ENSA Paris-Est et au Campus de la Fonderie de l’Image.